11.01.2006
compte rendu en poèsie.
comment’ Arrivons-nous’ À tricoter ces deux notions’, en’ Apparence, contradictoires ?, Rachel Daniel,
Jean-Claude Cohen,
besoin du Lien, de dépendance, paradoxal(e),
Lien qui Libère’, et, qui re-Lie, Lien transversal,
signe signal,
Verbal, ou, non Verbal,
dit’,
et, non dit,
recours,
secours,
Aux peurs, de L’Abandon,
et d’être’ Abandonné(e),
brise
du Lâcher-prise,
besoin,
de soin,
négociation,
et transaction,
de L’Alchimie,
du compromis,
composition,
co-créAction, dans L’interdépendance’,
Autonome balance’, entre fusion,
fission,
Adhésion,
possession, Antagonisme
de deux prismes,
désir, À moudre ... grain,
de folie, qu’on’ étreint,
d’Aventure’,
en’ Aventure, hasard, nécessité,
d’Autonomie, de dépendance d’Âme’, outil,
de tricoter, détricoter, joindre L’outil
À L’Agréable’, Acté,
tricot’, autonomie,
dépendance’, Alchimie ...
La pression,
La Passion, de L’histoire, du désir,
de L’Amour, Assouvir,
nous révélait,
soudain,
tricotée,
tricotin,
L’interdépendance des notions, L’Alchimie,
de dépendance’, Autonomie ...
de L’énergie,
de La magie,
d’Aimer’,
et, d’être’ Aimé(e) ...
/
s’exprimer,
s’exclamer,
s’extérioriser,
s’expectorer,
s’exposer,
s’expliquer,
s’expliciter,
s’explorer,
s’expérimenter,
s’expertiser,
s’exciter,
s’expanser,
s’extenser,
s’exploser,
s’extasier,
s’Aix-en-Provensoleiller ...
Le couple tricote ... dépendance’, et Autonomie,
À toute L’envergure ... L’Amplitude des’ Aiguilles,
À pointe’, À tête, du couple’, Anguilles,
sous roche’, Aiguillons, zèle,
de Leurs’ Ailes,
Au couple’, et À chaque’ un,
chaque’ une tricote’ un ...
tricot, du couple ... L’Alchimie,
dépendance’, et, Autonomie, zizanie,
harmonie,
en’ Aimant’,
en’ Aimant’, en dépendance’, Aimantation,
Autonomie, émancipation,
du couple’, Altérité,
des’ individualités, des’ indivi...dualités, des’ individus ...Alités,
du couple, complémentarité,
des ...personnalités, de sympathie
en’ empathie, cohérence
de dépendance,
dense’,
immanence,
qu’ on ...danse’,
épanouissement,
tricotets, danse’,
en transe’...en ...danse’,
et Accomplissement,
du sens’,
ou, du non sens’,
Auquel on pense’, en recherche
qu’ on cherche’,
et Aboutissement’,
en couple ... des’ Amants’,
en couple ... des’ Aimants’,
en des’...Amours’, en des’...Aimants ... Nivôse’, _____________________________ ose !, Cas- fée Cr’Aime, Blue Sky, 9 janvier 2006, mon tricot, Gilles Roca
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21.10.2005
Conférence Manuel Galan
Quelques notes issues de la conférence N°1 de Manuel Galan du 19 septembre 2005.
Essayer de comprendre pourquoi l’amour ça ne marche pas souvent.
Alors qu’on se dit qu’on a tout fait pour l’autre. Un être aimé, c’est l’univers
Mais il suffit d’un rien pour tomber dans l’abime. Pourquoi ?
Ce qui est derrière la passion, c’est un rapport inconscient à la mort. Ce qui se cache, c’est une séduction de la mort. La passion est connectée à la pulsion de mort (Thanatos).
La passion amoureuse, c’est une demande d’immortalité. Pour que la mort participe à la restauration de la vie. Séduire la mort pour lui enlever son pouvoir. Vouloir maîtriser l’ennemi absolu, c’est-à-dire la mort.
Il y a ambivalence et contradiction au niveau de l’inconscient. L’Inconscient ne supporte pas la mort et ne connaît pas ni temps, ni la morale. Si je veux, je prends. Toute blessure que j’ai connue, je la vengerai toujours.
C’est dans notre inconscient que nous sommes forts. (Par exemple, la haine, volonté de mort, donne une force incroyable. Etre méchant donne une force.)
L’amour, c’est un acte de négation de la mort. L’amour fait sentir qu’on est immortel.
Le Moi, c’est la conscience d’être là, et il est d’une avidité dévorante. On assiste à un transfert d’énergie entre l’aimant et l’aimé. L’aimant se vide de son énergie, mais s’il y a retour, la personne aimante retrouve l’énergie prêtée à l’autre.
La fusion, c’est porter l’autre en soi pour ne pas le perdre. C’est un capital d’amour à l’état brut, qui doit être raffiné comme le pétrole. Et c’est le langage qui raffine la fusion. S’il n’y a que la fusion, c’est destructeur.
Les amoureux nient la réalité et le temps social : on veut tout, tout de suite et pour tout le temps. La lune de miel, période de don et d’abandon, est un moment où le temps social est aboli. Mais c’est une période qui ne peut pas durer, c’est le commencement de l’histoire.
Nous sommes ambivalents tout le temps, d’où la nécessité d’introduire un tiers qui est, la culture, la parole, la castration symbolique. L’abime c’est quand il n’y a pas de « tiers ».
Pour que l’amour dure : introduire la temporalité, la parole, des gages d’amour (un engagement qui passe par la parole). Il n’y a pas confiance s’il n’y a pas de gage. Je te donne un gage donc je prends un peu de liberté.
Par exemple, un cadeau est un gage pour défusionner, un signe qui rappelle l’union. Un gage peut être un comportement, un mot, un cadeau, un bijou,
un coup de fil.
L’amour c’est quoi ? C’est le zéro : le zéro et l’infini. L’incertitude, l’indéfinissable.
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19.10.2005
L'abime
Christine à eu la gentillesse de rédiger cette note sur la dernière réunion avec Manuel Galan.
Merci à elle.
Pour se remémorer les temps forts du café kr’aime du lundi 17 octobre:
Quelques réflexions en vrac, extraites de la conférence n°2 de Manuel Galan, sur le thème de l’Amour à l’abime, et des débats qui s’en sont ensuivis.
Manuel nous a lu un chapitre extrait de la Légende des Siècles de Victor Hugo, où le poète traite de l’Abime.
Il s’agit d’un dialogue entre l’homme, les astres et Dieu.
L’image de l’abime n’est pas seulement celle de la chute, mais s’inscrit, d’un point de vue poétique, dans un ordre cosmique. Une sorte d’extension cosmique vers le haut, comme le traduit un participant.
Plus que la chute du corps, l’abime serait la perte de l’âme. Je ne sais plus qui je suis. C’est la perte de son intimité profonde. Je suis tout ce que l’autre veut. (Mais cela va-t-il plaire à l’autre, c’est une autre histoire ?). Une expérience d’humilité face à l’autre qui ne va pas de soi.
D’un côté l’abime comme une épreuve et de l’autre côté l’abime comme expérience spirituelle, comme une traversée du désert qui nous révèle à nous-même.
L’abime, aussi comme énergie potentielle qui permet de faire bouger les choses. …
Partir du constat que toute relation est frustrante, l’autre ne va pas répondre à toutes nos demandes, ne va pas nous consoler, ni nous comprendre parfaitement. …
Prendre de toutes se forces sa dignité, c’est-à-dire se mettre debout et dire je parle. …
Notre société se situe dans une idéologie sacrificielle, on assiste à une hypnose collective avec des victimes sans coupables. N’acceptez jamais d’être victime !
On observe la difficulté à passer de la société de sacrifice (au sens Girardien du terme) à une société de bénéfice. …
Le concept d’individualisme : l’individualisme est une conséquence, et non un choix, la conséquence à chaque fois qu’on nie l’individu, qu’on ne l’éduque pas à devenir libre. ….
Le Moi et le Surmoi expliqués par Manuel :
Le Moi, c’est la mémoire vive de l’individu, la « peau » entre le dedans et le dehors.
Alors que le Surmoi, qui se constitue progressivement, c’est la mémoire morte, les archives du rapport au monde, le stockage d’un ensemble d’expériences qui engendre une modification du comportement. La mémoire morte archivée va se détacher pour être perçu comme une entité autonome. … à la source du concept de Dieu.
L’amour est toujours un mystère. Dès que l’Autre est mystérieux, il est beaucoup plus qu’un Autre.
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08.07.2005
Fantasme
Après un rapide tour de table, nous avons constaté que le mot fantasme recouvrait des sens très différents pour chacun d’entre nous.
- rapport à la sexualité
- au rêve
- moteur ou horizon du désir
- petit vélo dans la tête
- lié à l’absence ( cf le désir)
- substitut, vie rêvée qui nous empêche d’affronter la réalité
- fantômes
- état de rêverie, où la personne fantasmée est « objetisée. »
En fait le fantasme peut être conscient ou inconscient, on peut s’y livrer de façon délibérée ou pas. Il semblerait que le fantasme conscient soit la manifestation, l’irruption dans le préconscient d’un fantasme inconscient plus profond et auquel nous n’avons pas accès.
Le fantasme est cristallisation d’un stade de développement de la personnalité. Il peut être stéréotypé ou pas mais semble finalement nous parler de la même chose.
Du point de vue du fantasme conscient, il nous a semblé percevoir une dichotomie entre un fantasme « chevalier » masculin type prince charmant et un fantasme plus «récepteur » féminin du type « belle au bois dormant ».
Textes de référence
(Psychanalyse) «Scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, de façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l'accomplissement d'un désir et, en dernier ressort, d'un désir inconscient. »Le fantasme se présente sous des modalités diverses: fantasmes conscients ou rêves diurnes, fantasmes inconscients tels que l'analyse les découvre comme structures sous-jacentes à un contenu manifeste, fantasmes originaires
Introduit, ou réintroduit, dans le français contemporain par les traducteurs de Freud, le mot fantasme est censé rendre le terme allemand Phantasie, c'est-à-dire l'idée de productions de l’imagination par lesquelles le moi tente d'échapper à l'emprise de la réalité (tels les rêves diurnes) et qui souvent s'organisent dans un rapport étroit avec l’inconscient. Ce vocable (avec son adjectif fantasmatique), ainsi réapparu dans le vocabulaire de la psychanalyse, est aujourd'hui largement usité dans le langage courant. Bien que la médecine l'eût employé épisodiquement vers 1836 avec le sens d'hallucination visuelle et qu'il figure dans le Nouveau Larousse illustré de 1906 avec cette sobre définition : « Chimère qu'on se forme dans l'esprit », il était encore absent en 1926 dans la huitième édition du Dictionnaire général de la langue française par Adolphe Hatzfeld, Arsène Darmesteter et Antoine Thomas (Delagrave).
En refaisant surface dans la littérature psychanalytique française au cours du premier tiers du XXe siècle, fantasme renouait avec la persistance dans la langue populaire du latin phantasma, transcrit tardivement du mot grec doté de la même graphie, qui avait le sens d'image offerte à l'esprit par un phénomène extraordinaire et qui restait lié à phantasia, terme désignant d'abord l'opération mentale accompagnant une telle image et ensuite seulement « ombre » ou « fantôme ». Or le phantasma s'imposa, dans le parler de l'Empire, sous la forme de fantauma, issu du grec ionien phantagma et du grec massaliote phantôma. Ce fantauma méridional se retrouvera, dès le XIIe siècle, dans le français fantosme, avec le sens de « vision d'une personne de l'autre monde » ou de « fantôme », puis d'« illusion » et de « rêverie ». Dans les langues romanes, l'italien et l'espagnol fantasma gardèrent très clairement ce double sens d'abord de spectre puis d'image mentale, tandis qu'en français les deux termes médiévaux fantosme et fantasie se maintinrent longtemps pour désigner, le premier, une vision extraordinaire, le second, le pouvoir d'imaginer.
On retrouve ces deux derniers vocables dans la langue allemande sous la forme de Phantom (fantôme et, par extension, image trompeuse, illusion) et de Phantasie (imagination). C'est l'emploi privilégié par Freud de Phantasie qui a amené les premiers psychanalystes français à traduire un tel terme par le mot - nouveau ou nouvellement réhabilité dans leur langue - de fantasme. On notera cependant que Phantasie désigne moins le pouvoir d'imaginer ( Einbildungskraft) que le monde imaginaire et l'ensemble de ses contenus, l'activité créatrice de rêves, d'images et de visions à laquelle l'esprit se livre et qui s'exprime par le verbe fantasieren (substantifié sous la forme das Fantasieren). Si bien que, comme le font remarquer Laplanche et Pontalis dans le Vocabulaire de la psychanalyse, le français fantasme « ne correspond pas exactement au terme allemand [die Phantasie] puisque son extension est plus étroite. Il désigne telle formation imaginaire particulière et non le monde des fantasmes, l'activité imaginaire en général ». Toutefois, si c'est la psychanalyse qui a donné véritablement droit de cité au français fantasme - mais en lui assignant alors un sens plus restreint que Phantasie -, le concept correspondant s'est étendu, à l'intérieur de la discipline, à de multiples niveaux ou modalités (fantasme originaire, fantasme de séduction, fantasme conscient, fantasme inconscient, « roman familial », etc.) — qu'ils nous viennent de Freud, de Jung, de Lacan ou de Melanie Klein. Mais l'usage de fantasme déborde aujourd'hui largement le champ de la psychanalyse au sein duquel il est né au début du XXe siècle.
Il reste qu'en français, mais surtout en anglais, fantasme ou fantasy s'écrivent parfois avec la graphie phantasme ou phantasy, l'école kleinienne y voyant - malencontreusement semble-t-il - un moyen de distinguer fantasme inconscient (phantasy) et fantasme conscient (fantasy). Indépendamment de cette interprétation, les éditeurs britanniques des œuvres complètes de Freud, qui ont opté d'une manière générale pour phantasy, justifient, en ces termes quelque peu embarrassés, la distinction entre les deux orthographes : Phantasy est adopté ici sur la base d'une discussion dans l'Oxford Dictionary, qui aboutit à cette conclusion : « Dans l'usage moderne, les termes fantasy et phantasy, en dépit de leur identité phonique et de leur étymologie, tendent à être appréhendés comme étant distincts, le sens prédominant du premier étant “ caprice, lubie, comportement fantasque ”, tandis que le second est “ imagination ou représentation hallucinée ”. En conséquence, phantasy sera entendu ici avec le sens technique de phénomène intéressant le psychisme. Mais fantasy peut être usité aussi dans certaines occurrences appropriées » (Standard Edition, I, p. XXIV).
Ainsi, à la différence de leurs collègues français (pour lesquels phantasme et fantasme ont des sens équivalents), mais aussi italiens (qui utilisent fantasia ou fantasma) et espagnols (avec fantasia), les psychanalystes anglo-saxons semblent tenir à poser une distinction réelle entre fantasy et phantasy, ce dernier terme étant jugé plus proche, par sa graphie, de l'allemand Phantasie et marquant, à leurs yeux, une dépendance spécifique, par rapport au vocabulaire freudien, du concept qui est censé lui correspondre.
Charles Baladier© Le Seuil / Dictionnaires le Robert, 2003.
ETYMOLOGIE / etymology
French masc. subst. Phantasme or Fantasme, in 1190 as «illusion», in the 14th century «ghost», in 1836 with contemporary meanings related to pathology. From the Latin phantasma adopted from the Greek * G , «illusion» related to * G , «to show».English has both phantasm, rather than fantasm, adopted from French fantasme in Middle English, and also phantasma, fantasma, with English or Greek plural forms phantasmas or phantasmata adopted from Italian fantasma in 1598.
The meaning of both centers on the appearance of hallucinations and ghosts, while French fantasme has but ceased to be a synonym for fantôme «ghost». JMG
ETUDE SEMANTIQUE / Definitions
1. (English meaning of phantasm, rare or absolete in French) Ghost, deceptive apparition, phantasm, spectre (V. article FANTASTIQUE).2. (Pathology, esp. in the 19th century) Illusive vision of perception of an absent or dead person, hallucination.
3. (By extension. Most common meaning in French) Any production of imagination by which the ego tries to escape reality. An imaginary scenario in which the subject the hero. Ex.: «Fantasmes de l'écriture; fantasmes de la fiction» (Titre d'une communication de Jean-Claude Vareille à la décacle George Sand de Cerisy-le- Sable (Actes, Paris: SEMES, 1983, p. 125-126). V. l'article PSYCHOCRITIQUE.
4. (Psychanalyse) «Scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, de façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l'accomplissement d'un désir et, en dernier ressort, d'un désir inconscient.
Le fantasme se présente sous des modalités diverses: fantasmes conscients ou rêves diurnes, fantasmes inconscients tels que l'analyse les découvre comme structures sous-jacentes à un contenu manifeste, fantasmes originaires» (J. LAPLANCHE, et J.B. PONTALIS, Vocabulaire de la psychanalyse, p. 152).
5. (Psychoanalysis) Fantasmes originaires. «Structures fantasmatiques typiques (vie intra-utérine, scène originaire, castration, séduction) que la psychanalyse trouve comme organisant la vie fantasmatique, quelles que soient les expériences personnelles des sujets (J. LAPLANCHE et J.B.PONTALIS Vocabulaire de la psychanalyse, p. 157)».
6. (Philosophy) A mental image, appearance or representation considered as an immediate object of perception as distinct from the external thing represented, or in Platonic philosophy, from the true form or essence, perceptible by though only and not by sense. Ex.:«Figures et fantasmes de la violence dans les littératures francophones de l'Afrique subsaharienne et des Antilles» (Titre du séminaire international de Franca Marcato Falzoni, de Bologne, en 1990 à Naples).
«(...) le conte, qui procède synthétiquement, par images, apparaît généralement comme beaucoup plus proche du fantasme qui l'engendre que la plupart des autres types de récits» (M. Simonsen, art. «Conte», in J.-P. de Beaumarchais et al., Dictionnaire des littératures de langue française, Paris: Bordas, 1984, p. 532).
COMMENTAIRE / Analysis
1. Histoire du termeL'usage du terme «fantasme» dans la littérature, et surtout la critique littéraire, s'est répandu au XXe siècle sous l'influence de la psychanalyse. Que ce terme soit utilisé de manière rigoureusement psychanalytique (v. l'étude sémantique, sens 4 et 5) ou dans un sens plus vague, évoquant aussi bien le travail de l'imagination que celui de l'inconscient (sens 3), il l'est toujours en référence implicite à la doctrine freudienne; les critiques qui veulent se démarquer de cette dernière lui préférant les mots «rêve», «rêverie» ou «illusion».
Sa présence est cependant attestée dès le XIIe siècle, principalement au sens de «fantôme», ou d'«illusion», de «fausse apparence». On le retrouve au XVIe siècle sous la plume de Jean Calvin, par exemple, et ce, à une époque où l'on ne sait si le fantasme est machination diabolique ou miracle divin: «Les secondz estimoient qu'il n'avoit point un vray corps: mais seulement un phantasme et apparence de corps» (Jean Calvin, Institution de la Religion Chrétienne, éd. J. Pannier. Paris: Les Belles Lettres, 1936-1939). Au XVIIe siècle, Jean du Jon, conseiller du roi, intitula un opuscule consacré aux pauvres de son temps: «La chimère ou phantasme de la mendicité».
Au XIXe siècle, la science, héritière de l'esprit des Lumières, s'empare du terme pour lui conférer un sens rationnel et médical. Si le fantasme est toujours illusion, il est alors illusion décrite et justifiable par une lésion du nerf optique ou par un trouble des facultés mentales, notion analysable mais entièrement négative, hallucination pathologique dans un monde où veulent régner la raison et les faits.
Au XXe siècle, le fantasme a beaucoup perdu de la connotation négative qui, au travers de l'illusion, de la lésion ou du fantôme, le rattachait à la déception, la maladie et la mort. Pourtant il les évoque encore, indirectement, dans le discours des analysants. Il ne provient plus d'un monde extérieur divin ou magique ni d'une malformation physique, mais du désir et de l'imaginaire des hommes. Cette acception du terme peut être l'indice d'une plus grande importance de l'individu dans l'ordre des valeurs modernes, dans la mesure où elle décrit la marque d'une personnalité sur la société, et non l'inverse.
Ainsi, le sens donné au mot «fantasme» varie selon que chaque époque y inscrit sa propre Weltanschauung.
2. Quelques pistes
Sigmund Freud a consacré de nombreux livres ou articles à la littérature, à partir desquels peut être déduite sa conception du rôle du fantasme dans la genèse d'un texte littéraire. Selon lui, le fantasme, lui-même représentation d'un refoulé profond, est ce qui est représenté par le texte après avoir subi le travail déformant de l'élaboration. Il est le maillon d'une chaine qui va de la réalité à l'œuvre:
Réalité --> pulsion --> représentation --> rêve --> texte
psychosomatique de la pulsion fantasme littéraire
élaboration
(Psychanalyse et langages littéraires, p. 35).
Jacques Lacan s'est, quant à lui, refusé à réduire l'étude du texte littéraire à la recherche du, ou des fantasmes sous-jacents qu'il représenterait. Il a conféré au fantasme une place nouvelle et structurante dans la langue-même, par l'intermédiaire du désir que manifeste le sujet linguistique, «Sujet qu'il faudra bien entendre d'une autre manière que ne le font généralement les théories du langage: pour ces théories en effet et par définition, le sujet linguistique, simple support du formalisable, ne peut être pensé comme le support du fantasme (Psychanalyse et langages littéraires, p. 63)».
Marthe Robert a étudié l'analogie entre le «roman familial», scénario fantasmatique, et le roman littéraire. Le fantasme de l'écrivain prend alors pour elle une valeur fondamentale, autour de laquelle s'organisent analyses et classifications. Partant de l'hypothèse que le roman porte la marque du roman familial de l'auteur névrosé, selon le scénario de l'«enfant perdu» ou du «bâtard», elle décrit ainsi le processus de l'écriture romanesque: «au lieu de reproduire un phantasme brut selon les règles établies par un code artistique précis, [le roman] imite un phantasme d'emblée romancé, une ébauche de récit qui n'est pas seulement le réservoir inépuisable de ses futures histoires, mais l'unique convention dont il a accepté la contrainte» (Roman des origines et origines du roman, p. 63).
Charles Mauron et la psychocritique ont également pris en compte le rôle du fantasme dans la création artistique, en tant que point commun, issu de l'inconscient, entre le «Moi social» et le «Moi créateur» de l'artiste. On trouvera ces thèses à côté des autres principales études consacrées au fantasme, recensées et analysées par Anne Clancier (Psychanalyse et critique littéraire). Mais c'est Psychanalyse et littérature de Jean Bellemin-Noël, également auteur de Les contes et leurs fantasmes, qui permet d'appréhender de manière plus totale la place du fantasme. Le fantasme est présent dans toutes les facettes que comportent les relations de la psychanalyse et de la littérature, à l'œuvre chez le créateur aussi bien que chez le lecteur, dans les mythes et les légendes, les types et les motifs, dans la littéralité même du texte, ou permettant une redéfinition des genres littéraires. Juliette Vion-Dury
Université de Limoges
BIBLIOGRAPHIE / Bibliographie
J. Laplcanche, J.B. Pontalis.- Vocabulaire de la psychanalyse, sous la direction de Daniel Lagache.- Paris: PUF, 1988.J. Le Galliot.- Psychanalyse et langages littéraires.- Paris: Fernand Nathan, 1977.
Anne Clancier.- Psychanalyse et critique littéraire.- Toulouse: Edouard Privat, 1973.
Marthe Robert.- Roman des origines et origines du roman.- Paris: Grasset, 1972.
Jean Bellemin-Noël.- Psychanalyse et littérature.- Paris: PUF, 1978. Les contes et leurs fantasmes.- Paris: PUF, 1983.
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29.04.2005
« la légèreté dans la relation »
Le dernière séance du café cr’Aime sur le thème de « la légèreté dans la relation » c’est déroulé dans un climat très détendu et constructif.
Pour certains d’entre nous la légèreté est un aboutissement et se construit. Cela se travaille au jour le jour. L’autonomie et la confiance entre les protagonistes semble indispensable à la construction d’une relation légère. (Non pesante).
Aller vers une relation de ce type n’est pas évident, certains aimeraient y parvenir, mais se rendent compte qu’ils induisent « à leur insu » des éléments, des comportements introduisant un poids dans la relation. Une jolie phrase à été prononcée « lorsqu’il y à de l’enjeu, il n’y a plus de jeu » (de Je ?).
Il faudrait donc « travailler sur les énergies subtiles » ne pas essayer de résoudre les problèmes ?
D’autres, nous ont fait remarqué que nous discutions uniquement de la relation de couple et ont suggéré l’ouverture vers une troisième personne ? une relation à trois, voire pourquoi pas des réseaux de relations ?
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24.04.2005
La première relation amoureuse
Bonjour à toutes et à tous et merci pour votre venue au Café Kr’Aime.
La semaine dernière, nous avons parlé de la première relation amoureuse. Nous avons pu constater que beaucoup d’entre nous situaient cette relation comme ayant été très précoce, et au travers de vos partages, à quel point cette première fixation avait pu influencer la suite de notre chemin de vie.
Au cours de notre débat, le thème de la transcendance et de la sublimation de cette première relation dans l’art et la culture s'est imposé à nous comme une évidence.
En ce qui me concerne, j'ai été très sensible au climat de bonne humeur et de bon humour qui à marqué nos échanges. j'espère que nous pourrons développer ce climat de confiance et d'amitié entre nous.
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